Edition du
25 mars 2010
  Tête à tête  




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Maurane

Nougaresque



Le temps d’un album et d’une tournée, Mauranne quitte son univers et rend hommage à Claude Nougaro. Entre l’homme, amoureux « d’Armstrong », de « Toulouse » et de « Quatre boules de cuirs » et la femme au « Dernier voyage » fait « Sur un prélude de Bach », c’est une véritable histoire d’amour. Une histoire que la chanteuse belge raconte dans son dernier spectacle. Rencontre avec une artiste passionnée.

Combien de fois à La Réunion ?

Je crois que cela fait 4 ou 5 fois.

Quels souvenirs en gardez-vous ?

Pour une Belge dans mon genre qui vient du froid, déjà venir sur cette île, même si vous êtes en plein hiver, même si on vient travailler, c’est quand même les vacances. J’ai toujours été superbement accueilli. On travaille dans des conditions idylliques. Ce sont des conditions paradisiaques. Je suis très contente de venir.

L’île est partagée en deux : la montagne et la mer. Quelle est votre préférence ?

J’aime les deux. A partir du moment où il fait beau. La mer comme la montagne sont envoûtants. Je suis facilement envoutée. Face à la beauté, je suis une gamine. Il y a un truc que je n’ai pas encore fait, c’est le cirque de Mafate. On fait trois concerts, je reste 13 jours et je compte bien en profiter. A La Réunion, je ne lie pas l’utile à l’agréable mais l’agréable à l’agréable.

Votre premier souvenir de « groupies » de Claude Nougaro ?

La première fois que je suis allée l’écouter en concert. Je devais avoir 14 ans. C’est la fameuse fois où je suis allée me glisser en coulisses. Je lui ai remis une cassette de mes chansons, un bouquet de fleurs et un dessin d’un scorpion que j’avais fait car je suis de ce signe. On est quand même gaga à cet âge voire un peu con. J’étais vraiment groupie. Cet artiste me passionnait. J’étais vraiment séduite, sous le charme totalement du personnage, de la musique, des paroles…Tout me plaisait. C’était l’idéal.

Un mot pour qualifier votre première rencontre « professionnelle » avec Claude Nougaro ?

Ratée (rires). Complètement ratée. Claude était myope et quand j’ai débarqué dans sa loge, il avait ses lunettes à double foyer, sa gabardine sur le dos et il m’a dit juste bonjour et au revoir. Après, ça s’est bien arrangé.

Comment qualifieriez-vous votre relation avec lui ?

Assez passionnelle, fusionnelle.

Votre chanson préférée de Claude Nougaro ?

C’est horrible ! Il y en a une qui me vient comme cela et pourtant je ne la chante pas dans le tour, elle s’appelle « La neige ». C’est une pure merveille. C’est aussi une des chansons préférées de Hélène, l’épouse de Claude Nougaro. D’ailleurs lors de mes concerts à Toulouse, c’était son anniversaire et je lui ai chanté.

Votre plus belle qualité ?

Je suis quelqu’un d’assez généreux.

Votre principal défaut ?

La générosité. Quoique ce ne soit pas vraiment un défaut, mais elle m’a jouée parfois des tours.

Combien de temps prenez-vous à vous préparer ?

Je suis assez coquette. Je jongle toujours avec mes kilos. C’est de temps en temps un problème. Des fois je gère, des fois je ne gère pas. Ce n’est pas de la tarte (rires). En revanche sur scène, j’assume complètement. Je me sens belle. Je me sens libre. C’est plutôt en ville.

Vos secrets de beauté ?

Je fais attention à moi. Je ne suis pas quelqu’un de négligé. J’achète beaucoup de cosmétiques. Je fais attention à ce que je mets. Je me souviens de ma dernière venue à La Réunion. Je me suis fait un peu allumée dans la presse car j’avais fait mes spectacles pieds nus ou en tongs. Vous pouvez écrire que je mettrais des talons !

Un plat que vous cuisinez ?

Ça va de l’osso bocco à la carbonnade flamande. Je fais beaucoup des plats mijotés.

L’homme idéal pour vous ?

(Rires) Fougueux, drôle, plutôt latin.

La personne que vous appelez le plus souvent ?

Marie.

Celui/celle qui vous fait rire ?

Pépito.

Le livre sur votre table de chevet ?

Le dernier d’Amélie Nothomb « Une forme de vie », mais je ne l’ai pas encore commencé.

Une chanson ringarde que vous écoutez régulièrement ?

C’est marrant ! Pas plus tard qu’hier, je chantais « Arrête, arrête ne me touche pas » de Patricia Carli. Il y a aussi « C’est ma prière » de Mike Brant que je garde facilement une journée entière dans ma tête. Mais j’en ai un paquet en magasin que je chante à tue-tête !

Le film à revoir plusieurs fois ?

Je réfléchis. « Heat » avec Robert De Niro et Al Pacino, mes deux acteurs préférés.

Une personne qui vous manque ?

Mon père.

Le chef-d’œuvre qui éclipserait les autres ?

Là aussi, j’ai l’embarras du choix. Je dirais l’œuvre de Claude Nougaro. Je suis en plein dedans. Elle me saute aux yeux. J’ai envie de le citer, d’autant plus qu’il n’a pas été reconnu à sa juste valeur. Sinon je dirais aussi l’œuvre de Léon Spilliaert, un peintre belge symbolique du début du XXe siècle.

Votre dernière gourmandise ?

La tarte aux pommes de la maman de Marie.

Si vous étiez un animal ?

Un chat.

Un mot pour qualifier votre vie actuelle…

Trépidante.

- Trois dates Le 4 septembre au Téat en Plein air, Saint-Gilles. Les 7 et 8 septembre au Théâtre Champ-Feuri, Saint-Denis. Informations au 0262 41 93 25. www.theatreunion.com

Texte : Véronique Tournier


Hommage à Nougaro

L’amitié entre Claude Nougaro et Maurane continue non seulement avec l’album « Nougaro ou l’Espérance en l’homme » qui vient tout juste d’avoir un an, mais aussi avec le spectacle « Ô Nougaro » que Maurane présente à La Réunion. « Depuis ma petite enfance, Claude Nougaro est l’amour musical de ma vie. Je me rappelle très bien du jour où je l’ai découvert : c’était l’époque de la télé en noir et blanc, il chantait La Mutation et semblait venir d’une autre planète. En fouillant dans la discothèque de mes parents, j’ai déniché des disques de lui puis j’ai acheté Locomotive d’or - j’avais 13 ans. » Puis la jeune fille pousse les portes de la loge de l’artiste, s’en suit alors une belle et grande histoire que Maurane raconte sur scène, entre coupé de chansons de Claude Nougaro. « Je raconte tout cela sur scène. Je raconte ma vie, les anecdotes avec Claude. Toute notre amitié fait d’engueulades, de moments très forts, toute notre histoire, explique Maurane. Le spectacle est basé sur une bonne tranche de ma vie. Il y a aussi un nouveau venu dans l’équipe. Ce fera la 4è ou 5e fois qu’il se produira sur scène avec nous, c’est un chanteur de flamenco, Jose Montealegre. On va chanter deux chansons en espagnole. C’est une petite incartade à Nougaro mais comme on dit que Toulouse est un appendice à l’Espagne, ce n’est pas forcément lui faire faux bon. Je pense qu’il aurait adoré. Je n’ai pas l’impression de le trahir. »

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