
Le site communautaire Facebook gonfle ses rangs un peu plus chaque jour. Et nos ados ne sont pas en reste, ils succombent à la toile et au déballage. À La Réunion comme ailleurs dans le monde, ils forment un pourcentage non négligeable de ses utilisateurs. Les 12 / 15 ans sont d’ailleurs les plus actifs à poster quotidiennement leurs états d’âme, coup de cœur ou coup de blues. Mais Facebook est-il un bon allié ? Un vrai ami ? Ce qu’il faut savoir.
Ils sont deux ou trois seulement dans une classe d’une trentaine d’élèves. Deux ou trois seulement à ne pas avoir succombé à la fiche électronique de facebook. Une carte d’identité qui a déjà séduit 200 millions de personnes dans le monde. Un phénomène sans précédent qui fascine la jeune génération. Le bon vieux blog est ainsi relégué aux calanques grecques. Aujourd’hui, il faut aller encore plus vite. Facebook permet d’être au courant de la vie des autres et de faire part de la sienne en seulement quelques clics. Et ce, à toute heure du jour et de la nuit avec une interface qui jamais ne se déconnecte. Pour Florian, 12 ans en classe de 5ème, privé de facebook par décision parentale, « la vie n’est pas facile ». Le jeune homme se sent exclu du groupe des connectés. « Je ne suis au courant de rien, je suis le seul à ne pas avoir de page, forcément, je ne me sens pas intégré dans le mouvement. J’en veux terriblement à mes parents ». Paradoxe de la situation, la vie se gonfle de réalité lorsqu’elle passe par le filtre du réseau virtuel. Mais à quoi sert facebook ? On se dit tout sur la toile, sur son mur (page accessible à tout internaute) et sur celui des autres. Les conversations sont très généralement insignifiantes et triviales. Panel : « J’ai bien dormi », « je pars faire du shopping », « le cours de physique était trop chiant », « il est trop canon Xavier ». Bref, petits instants de vie d’ado qui prêtent plutôt à sourire. Mais quelquefois des pages ouvertes à tous deviennent des journaux intimes où les ados se livrent, et crient leur mal-être. De nombreux appels au secours ont été lancés de ces plateformes. Elles deviennent comme des soupapes de sécurité. Ils écrivent ce qu’ils ne peuvent dire. Et ils sont entendus par leur centaine d’amis confidents. Séances de psy gratuites. Attention toutefois, si les paroles s’envolent, les écrits restent sur le réseau. Et il est facile de se créer des réputations à « l’insu de son plein gré » comme dirait l’autre. Facebook peut être un allié, mais qui a tout moment vous fera un croche-pied. Gardons notre jardin, secret.
Attention aux prédateurs
Il faut se méfier des « prédateurs », entendez les pédophiles, qui surfent sur le réseau à la recherche de proies faciles. Les précédents sont nombreux avec de catastrophiques rencontres bien réelles, un briefing sur l’utilisation de la toile mondiale s’impose avec votre ado.
Cibler les petits consommateurs
Si Facebook est un outil apprécié des employeurs (pour recruter ou pas de futurs collaborateurs), des services de police (pour enquêter sur d’éventuels suspects), le réseau est aussi un régal pour les publicitaires. Ils en rêvaient, Facebook la fait. La plus grande base de données – un trombinoscope géant – qui dévoile votre âge, vos goûts musicaux et vos passions. Facebook est un glouton qui réclame pour pouvoir s’inscrire, un catalogue de précision. Une fiche d’identité détaillée (et gratuite) qui permet de connaître par cœur les petits consommateurs en puissance. Depuis quelques mois, le site propose (plutôt impose) Facebook Ads, soit un bandeau publicitaire très très ciblé. Un matraquage de pub orienté qui passe quasi inaperçu, mais qui est bien là, et œuvre inconsciemment. Facebook n’est pas seulement un immense réseau social pour se faire des amis (virtuels), il est surtout un tentaculaire réseau publicitaire.
Texte : Florence Merlen
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