
Radieuse, et avec un grand sourire sur le ventre. C’est ainsi que l’on retrouve Maud Fontenoy, hautement enceinte mais toujours fourmillante de projets. Plus d’un an après être rentrée de son tour du monde, elle refait une longue escale dans notre île, où elle se sent si bien. Et cette fois, c’est pour mener un défi très personnel jusqu’à son terme. Entretien avec une future maman comblée.
Femme Magazine : Tu es venue pour présenter ton film au festival du film d’aventure, et on te retrouve avec un joli ventre rond…
Maud Fontenoy : Oui, cette grossesse est un cadeau du ciel, surtout suite à l’opération que j’ai subie quelques jours avant de partir pour mon tour du monde (ndlr : Maud a contracté un cancer du col de l’utérus). Ça fait vraiment longtemps que j’attends d’avoir un enfant, alors aujourd’hui, j’en profite à fond. Et le festival, c’était pour moi l’occasion de venir présenter mon film au public réunionnais, mais aussi aux élèves d’ici qui m’ont suivie pendant mon tour du monde.
F.M : Ton accouchement est pour bientôt ?
M.F : Ça arrive à grands pas, courant juin normalement … J’ai hâte de le voir, c’est un petit garçon qui bouge beaucoup ! Dès le début de ma grossesse, je savais que je viendrais accoucher ici. Je me sens vraiment bien à la Réunion. En ce moment je profite du lagon, c’est très agréable de se baigner pendant la grossesse, et j’ai l’impression que le bébé adore ça aussi. Et puis, je creuse un trou dans le sable pour mettre mon ventre dedans, comme ça je me sens un peu plus légère !
F.M : Tu es là pour quelques mois alors ?
M.F : Oui, j’avais vraiment envie de faire un petit Réunionnais, depuis le début ! En accouchant ici, je me sens toute proche de la mer, et c’est important pour moi que le bébé le ressente aussi au moment où il pointera le bout de son nez.
F.M : Avec un bébé, plus question d’aller courir les océans en solitaire. C’est une nouvelle vie qui commence pour toi ?
M.F : Je crois que j’ai fait le tour de l’introspection personnelle, et désormais, même si j’aime toujours autant voguer, je n’ai plus envie de partir seule. J’ai eu le temps d’aller au fond de moi pendant tous mes défis, et on va dire que maintenant, j’ai envie d’autre chose ! L’idée d’une fondation m’est venue pendant mon tour du monde. En fait, je réfléchis toujours à mes projets en pleine mer, c’est là que ça me vient. Alors, bien entendu, j’ai envie de continuer à œuvrer pour la protection de la planète, et des océans en particulier, mais je me suis dit : ça doit passer par les enfants. Ce sont eux nos messagers de demain. J’ai été très proche d’eux pendant mon défi, car ils étaient 20 000 à me suivre quasi-quotidiennement. Pour continuer cette relation privilégiée que j’ai avec eux, je prépare en ce moment un livre et un dossier pédagogiques à destination des 8/12 ans. Ces outils seront distribués dans les classes, et ils serviront de base aux enseignants pour aborder les questions de protection de l’environnement.
F.M : Et ton bateau, qu’est-il devenu après ton tour du monde ?
M.F : Il a été réaménagé pour accueillir les enfants en rémission de cancer. C’est la raison d’être de ma fondation. En fait, il était inenvisageable pour moi de me séparer de ce bateau, il est trop lié à mon aventure, il fait vraiment partie de moi maintenant. « Tahia », c’est ainsi qu’il a été rebaptisé par les enfants qui sont partis avec moi l’été dernier, est à quai, à Marseille en ce moment. Avec la fondation, il va vivre sa deuxième vie en quelque sorte. Bon, il va me falloir du temps pour le rembourser, mais heureusement, j’ai encore plusieurs sponsors qui me soutiennent dans ce nouveau projet, tels que l’Unesco, l’Ifremer, l’Ademe, et toujours L’Oréal.
F.M : Ce n’est pas une grossesse des plus tranquilles si on comprend bien ?
M.F : Non, je passe beaucoup de temps sur mon ordinateur pour boucler ce projet. Il faut qu’il soit prêt pour la rentrée prochaine, alors ça n’attend pas ! En fait, je suis justement venue à la Réunion pour me mettre un peu au vert, et profiter du calme qui règne ici pour travailler sereinement. En même temps, j’ai pas le droit de profiter de grand chose, je peux même pas monter à Mafate… ! J’ai tout juste l’autorisation d’aller me baigner dans le lagon… Enfin, hier, j’ai quand même fait une entorse au règlement, je suis allée profiter un peu du volcan !
Entretien et photo Lisbeth Viard
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